Être VDI (Un travail adapté : partie 2)

Être VDI (Un travail adapté : partie 2)

Du peu d’expériences professionnelles que j’ai, je dirais que travailler sous le statut de Vendeuse à Domicile Indépendante (VDI) a été – et est toujours – à la fois la plus passionnante et aussi l’une des plus difficiles. Passionnante car j’ai eu l’occasion d’apprendre énormément de choses ; difficile car c’est un métier qui demande beaucoup d’investissement. (si quelqu’un vous dit qu’il suffit « juste » de vendre quelques produits, que vous trouverez de nouveaux partenaires sans efforts : n’en croyez pas un mot) Personnellement, ce n’est pas l’investissement qui me gêne. Au contraire. Je suis une personne qui a tendance à énormément s’impliquer dès qu’elle a trouvé un projet. Jusqu’à épuisement. Mais bon, de ça, je vous en parlerai plus tard.

Pour le moment je vais me contenter de vous parler du travail de Vendeur à domicile en lui-même. (je me permets de rappeler rapidement que tout ce que j’écris est uniquement tiré de mon expérience personnelle et donc purement subjectif. Les expériences varient énormément en fonction des personnes)

 

Mes outils
Les outils que j’emmène en déplacement

 

Diverses manières de travailler pour les VDI

Le plus souvent, la première chose à laquelle on pense en entendant les mots « vendeur à domicile », c’est « réunions ». C’est en réalité assez réducteur. Car toutes les entreprises avec lesquelles on travaille en partenariat n’utilisent pas forcément ce procédé.

Les réunions

Le principe est simple : on organise chez soi un atelier (culinaire, découverte…) auquel on invite des amies, collègues etc… Et un animateur/une animatrice y présente les produits de l’entreprise avec laquelle il/elle est en partenariat. Parmi ce genre d’entreprises, on retrouve Tupperware, Partylite, CaptainTortue, Charlott’Lingerie
Personnellement, j’ai travaillé pendant sept mois avec la première des quatre sociétés citées ci-dessus. Peut-être qu’un jour je vous écrirai un article plus complet à ce sujet.

Quoiqu’il en soit, animer un atelier n’est pas de tout repos ! Il faut connaître un maximum tous ses produits, savoir capter l’attention son auditoire, répondre à toutes les questions qui fusent… Pouvoir rester debout longtemps, ne pas se louper au moment de la préparation de la recette du jour, savoir garder contenance devant certaines personnes, disons… Récalcitrantes… Et tout ça est bien plus dur qu’il n’y parait. En tout cas, ce que je retiendrai de cette expérience, ce sont les moments de rire et de complicité avec les filles pendant les présentations.

Les entretiens individuels

Il s’agit tout simplement de présenter ses produits à une seule personne dans le cadre d’un rendez-vous. Je ne connais pas beaucoup de sociétés qui acceptent ce genre de présentation. Généralement, ce sont celles avec lesquelles on signe un partenariat en tant que Vendeur à Domicile acheteur-revendeur. Car dans ce cas on est (presque) complètement indépendant, y compris au niveau présentation.

Les entretiens individuels sont ceux que je préfère. Ils permettent de passer un bon moment avec le ou la client(e). Un moment privilégié. Il ne s’agit plus seulement de présenter et vendre des produits. En effet, il faut aussi et surtout être à l’écoute du client, rester chaleureux, tout en gardant cependant une certaine distance. Il ne faut pas nous plus qu’on nous prenne pour des psys, au risque de passer trois ou quatre heures chez un client au lieu d’une heure Ce dernier point n’est pas facile à appliquer. Car, personnellement, j’aime me sentir proche des autres. Seulement parfois, il vaut mieux savoir se protéger.

La construction de réseau

Sûrement la partie la plus difficile du travail, je dirais. En tout cas pour moi car en réalité, pour beaucoup de monde, c’est la partie la plus facile. Construire un réseau, ce n’est pas essayer de « convertir » un maximum de personnes. Enfin si, en quelque sorte, mais il faut faire attention aux personnes que l’on prospecte. En mon sens, il faut qu’il puisse y avoir une confiance mutuelle… Et mon souci est que, malgré les apparences, je suis assez méfiante de nature. Comme je me méfie des gens qui m’entourent, ils se méfient de moi en retour. Idem pour la confiance en soi. Ça fonctionne strictement de la même manière. À certains moments j’ai très peu confiance en moi (surtout quand je suis au téléphone ou en visioconférence)… Résultat : les gens ne me font pas confiance non plus.

Alors que pourtant, je sais que ce que je leur propose est une opportunité plus qu’intéressante ! Avec une méthode assez simple, en plus. Je crois que c’est ce qui est frustrant en fait, car je sais que le souci vient de moi – peur, manque de confiance… –  et non pas de ce que je propose. Comme de nombreux professionnels de cette branche le disent : le Marketing Relationnel c’est simple, mais pas facile.

Le travail en amont

Contrairement aux apparences, travailler dans la vente à domicile, ce n’est pas uniquement réaliser des ventes pour le compte d’une entreprise. On est réputé indépendant aux yeux de nombreux organismes (tout en étant protégé malgré tout, puisqu’on est considéré comme assimilé-salarié auprès de la Sécurité Sociale), ce qui signifie qu’on gère notre propre affaire. Cela inclue donc la prospection, la vente,  la logistique, l’administration, la comptabilité, la publicité (par le bouche-à-oreille)… En réalité, être partenaire de sociétés spécialisées dans le marketing relationnel est un métier à part entière et extrêmement varié.

 

Lecture
Quelques bonnes lectures sur le Marketing Relationnel

 

Points positifs

Afin de vous permettre d’avoir un avis sur le travail à domicile en tant que vendeur, je vais déjà commencer par vous lister tous les bons points de ce secteur.

Le relationnel

Je pense que c’est le plus important de tous. Pour quelqu’un qui a longtemps été isolé des autres personnes, ça a été l’occasion de renouer des liens avec le monde extérieur. C’est là que je me suis rendue compte qu’en réalité je connaissais – et surtout que j’étais connue – et appréciée par bien plus de monde que je ne le pensais. J’ai eu l’occasion d’échanger et de passer beaucoup de bons moments avec tout plein de personnes aussi intéressantes les unes que les autres.

À savoir qu’être en bon terme avec tout le monde n’est pas chose aisée. Il faut posséder soi-même des qualités sociales. Mais c’est la preuve que même une personne timide peut y arriver. Il suffit de prendre son courage à deux mains et de se jeter à l’eau.

L’apprentissage de nouvelles compétences

Le deuxième point positif de cette liste est… l’acquisition de nouveaux savoirs et de compétences jusque là inconnues au bataillon. Au niveau des connaissances, vous en obtiendrez automatiquement. Ne serait-ce que pour savoir ce que vous vendez. Il est normal de connaitre ses produits, en quoi ou avec quoi ils sont faits. C’est le moment de se renseigner un peu plus sur les ustensiles de cuisine, les bases de la mode, les vins, les plantes… Tout ce qui peut vous permettre de répondre aux questions de vos client(e)s et d’être reconnu pour une certaine expertise dans votre domaine.

Dans mon cas, j’ai appris énormément de choses sur les plantes et leurs utilisations, comme l’aloé vera, l’echinacée, le jasmin… Étant donné que j’adore tout ce qui est thérapies alternatives (phytothérapie, lithothérapie, naturopathie…) ça a été une véritable aubaine pour moi d’apprendre toutes ces choses. Bien sûr, ça a été plutôt condensé et ce n’était pas l’approche à laquelle je pensais à l’origine. Mais l’efficacité des produits m’ont convaincue que, finalement, peut-être que l’Homme est vraiment capable de mettre en vente une marchandise de qualité et respectueuse de la nature.

Pour les compétences, elles se développent au fur et à mesure de votre avancée. Par exemple, j’ai appris à avoir plus de charisme (enfin je crois, haha). Je me suis découvert des aptitudes en comptabilité. Chose étonnante, étant donné que j’avais des notes lamentables en mathématiques, du collège au lycée. Je suis sûre qu’en approfondissant un peu plus toutes les compétences acquises en tant que conseillère (c’est le nom utilisé pour désigner les VDI) et en les faisant valider, je pourrais très bien prétendre à certains postes, le jour où je déciderai et pourrai de devenir salariée.

La rémunération directe

Selon l’entreprise choisie et le statut qu’elle propose – mandataire ou acheteur-revendeur -, on perçoit sa rémunération de deux manières. Soit sous la forme d’une sorte de salaire (mandataire) ; soit on reçoit sa marge directement et une fois par mois, on reçoit des bonus supplémentaires de la part de la société partenaire (acheteur-revendeur). C’est de cette deuxième méthode dont je souhaite vous parler. C’est-à-dire qu’en étant acheteur-revendeur, on achète le produit à prix d’usine et on le revend en rajoutant sa marge, selon le prix indiqué sur le catalogue. On récupère ainsi une rémunération directe.

Ça permet une plus grande liberté : le prix sur le catalogue est en réalité le prix maximum conseillé. Après, libre aux acheteurs-revendeurs de décider de faire des promotions, de vendre le produit à prix coutant… Ça laisse donc aussi une plus grande liberté d’un point de vue marketing.C’est l’idéal quand on a besoin d’un peu d’argent tout de suite, immédiatement. Ça évite de devoir attendre le mois suivant. En tout cas, ça m’est d’une grande utilité, à moi.

Les rencontres

C’est le dernier point positif dont je souhaiterais vous parler (il y en a beaucoup plus, mais je vais m’arrêter à cinq). Grâce à mon petit travail de conseillère, j’ai eu l’occasion de rencontrer pas mal de personnes. Parmi mes clients, forcément, mais aussi parmi les autres partenaires de l’entreprise. Des personnes géniales, très douées dans ce qu’elles font, et surtout extrêmement positives. Ce genre de positif qui ne peut que nous motiver et nous tirer vers le haut.

J’ai eu l’occasion d’aller à une conférence organisée par les partenaires de ma up-line (partenaires en quelque sorte au-dessus de moi hiérarchiquement parlant). C’était du positif à l’état pur. Grâce au regain d’énergie et de motivation que j’ai eu suite à ça, j’ai réussi à atteindre les objectifs que je m’étais fixés le mois suivant.

 

Points négatifs

Parce que bien évidemment, dès qu’on parle de points positifs, s’en suivent aussitôt les points négatifs.

Un métier pas si adapté que ça

Eh oui, il faut l’avouer. Mais c’est aussi en grande partie ma responsabilité. Du fait que je sois concentrée principalement sur la vente de produits, je fais énormément de déplacements et de présentations. Pour une personne en forme, ce sont des actions déjà fatigantes. Alors imaginez pour une personne en Affection de Longue Durée qui est constamment épuisée physiquement et en souffrance du fait de sa maladie…

Comme je vous l’ai dit au début de cet article, être vendeur à domicile indépendant demande beaucoup d’investissement. J’ai aussi écrit que pour moi ce n’était pas un souci. C’en est devenu un quand j’ai commencé à exagérer et à ne plus m’écouter. Je voulais tellement réussir et avancer dans mes projets que je ne comptais plus les heures… Et travailler entre soixante-dix et cent-vingt heures par semaine n’était visiblement pas une bonne idée. Du coup j’ai dû me calmer. Ça fait à peu près deux mois que je ne fais plus aucun déplacement et que je m’occupe uniquement du suivi client. Une fois de temps en temps, je trouve un ou deux nouveau client, mais je reste tranquille en réfléchissant à un nouveau plan d’action à la fois moins éreintant et plus efficace.

Comme vous l’avez compris, le fait que je vous raconte cette expérience ne signifie pas que c’est comme ça pour tout le monde. Il y a sûrement d’autres personnes aussi en mauvaise santé qui y arrivent très bien car elles ont trouvé LA méthode pour réussir à tout gérer sans se mettre de pression supplémentaire sur les épaules.

Les « mauvais joueurs »

Ah, les mauvais joueurs ! Ils peuvent être des clients comme d’autres partenaires… Je ne vais pas m’étendre là-dessus, ce serait leur donner trop d’importance. Il faut seulement savoir qu’ils existent. Dans le cas de clients, j’en ai rencontré surtout lors d’entretiens individuels. Ce sont ceux à qui vous allez offrir un soin gratuit du visage (grâce à l’une de leur connaissance), qui vont vous tenir la jambe pendant quatre heures à se plaindre de tout et de rien tout en vous faisant comprendre à quel point ils sont riches et importants, qui ne vont rien vous acheter (ça, c’est leur choix, ce n’est pas le but principal d’un soin gratuit). Et, le pire du pire, qui sont tellement des pinces qu’ils ne voudront même pas offrir à leurs amis le soin gratuit que vous venez de leur faire…

Dans le cas d’autres partenaires, ce sont juste ceux qui n’hésitent pas à venir sur votre secteur et essayer de vous prendre vos clients. Vous savez, le genre de ceux qui vivent dans la grande ville à une demi-heure de chez vous, qui ne peuvent que trouver dommage que quelqu’un d’autre s’implante dans le petit village au fin fond de la montagne auquel ils n’auraient jamais pensé avant… Et qui décident que ce serait une super bonne idée de vous évincer. Bref. Je pense que vous avez compris.

La mauvaise réputation du Marketing Relationnel

C’est malheureux, mais il semblerait que ce soit le cas : la vente à domicile et le marketing relationnel n’ont pas très bonne réputation auprès de la majorité des gens. Pour deux grandes raisons : la vente pyramidale et les mauvaises expériences de personnes pas réellement prêtes à devenir des professionnels du bouche-à-oreille. La vente pyramidale est un système illégal, frauduleux. Elle est mise en place dans l’unique but d’enrichir ceux qui sont au sommet de la « pyramide », sans  rien laisser aux membres de la « base ». Les gens font souvent l’amalgame entre vente pyramidale et vente multi-niveaux.

Sinon, beaucoup de gens qui se lancent dans le marketing relationnel croient qu’ils vont faire fortune dès les premiers mois, voire après un an. Mais la plupart ne sont tout simplement pas prêts à changer quelques unes de leurs habitudes afin de pouvoir s’investir dans leur nouvelle activité. Ce qui fait qu’au bout de quelques semaines/mois, ils finissent par se décourager et dire que c’est de la faute du système, que ça ne fonctionne pas etc… Cela contribue aussi à la mauvaise réputation du métier. Alors que c’est comme pour tout le reste. Si on n’y met pas réellement du sien, si on se contente de rester devant la télé/son ordi au lieu de chercher comment s’améliorer, quoi changer pour y arriver ; si on préfère râler au moindre soucis, automatiquement il ne va rien se passer. On attire ce qu’on dégage, tout simplement.

Pour conclure…

Mon travail de conseillère m’a énormément apporté jusque maintenant. Je suis heureuse de pouvoir contribuer chaque jour au bien-être des personnes qui m’entourent. Mon seul regret est de ne plus pouvoir le faire à plein temps comme je le faisais avant. Je l’avoue, j’ai un petit coup de mou, pour le moment. Je ne suis plus autant motivée qu’en février, mois où j’ai atteint mes premiers objectifs. Disons que je me suis fatiguée. Comme le dirait ma mère, il faut que je pense un peu à m’occuper de moi avant de me lancer dans des projets d’aussi grande envergure. Mon médecin est d’accord avec elle, d’ailleurs.
Je ne peux m’empêcher de me demander : y en a-t-il parmi vous qui sont aussi VDI ? Si oui, arrivez-vous à tout concilier ? Dans ce cas, comment faites-vous ?

En attendant vos réponses, je vous souhaite une excellente fin de soirée.

À bientôt, les amis !

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